Vous dessinez votre jardin à l’échelle sur de grandes feuilles avec mention des plantes et arbustes qui seront installés. Ensuite, vous le coloriez pour vous rendre compte de l’effet visuel qu’il produira. Plutôt que de transposer votre imagination directement dans le réel, cette étape préliminaire se prête à tous les correctifs et servira de patron à l’aménagement de votre jardin. Un cahier des charges détaillé.

Agencer son jardin lorsqu’il est petit

Les plantations seront installées de préférence en périphérie et libérer le centre du jardin. L’étendue ne sera pas compartimentée, et en associant des couleurs douces avec des hauteurs et des volumes variés on obtient des effets de profondeur.

Faire de la place pour un potager
Lorsque le jardin est tout petit, certains légumes peuvent être mélangés aux plantes vivaces. C’est le cas des artichauts, des céleris, des salades, des choux ou encore de la rhubarbe qui donne un très bel aspect décoratif. Les herbes aromatiques trouveront leur place en bordure.

Un pas de porte à fleurir
A défaut de terrain, rien n’interdit l’usage de jardinières. Les pots seront disposés de façon à être accessible et ne pas gêner la circulation. Les plantations seront en harmonie avec la maison et son exposition : une entrée rustique appelle la souplesse des lavatères, cosmos, gaillardes ou gypsophile et s’accommode mal des massifs réguliers d’œillets d’Inde ou de bégonias.

Des fleurs à l’ombre

L’ombre n’est pas toujours l’ennemi des fleurs et d’ailleurs le choix est vaste pour fleurir
un coin d’ombre dans son jardin. Il est dommage de délaisser cet espace qui peut être éclairé par des plantes et fleurs aux teintes douces et pastels.
Les arbustes adaptés sont en particulier les fuchsias, lierres, hortensias ou althéas.

En bulbe, il existe les ornithogales, jacinthes des bois, crocosmias, perce-neige, scilles de Sibérie, ainsi que les lis et arums qui sont du plus bel effet.

On trouve dans les plantes annuelles et bisannuelles les bégonias, myosotis, pensées, lunaires et impatiens. Il faut les semer à la lumière et repiquer à l’ombre les semis lorsque leurs pieds seront assez forts.
Des plantes vivaces également prospèrent dans les coins d’ombre telles que les violettes, hellébores, primevères, pervenches communes, astilbes, cœurs de Marie, hépatiques et digitales.

Sous un arbre, on pourra installer des linaires, némophiles, fougères, roses de Noël, ornithogales, cyclamens de Naples, scilles ou des campanules.

Comme l’entretien au pied d’un arbre est complexe, rien n’interdit d’y faire pousser un massif. On peut construire un petit muret pour surélever de 20 à 40 cm ce massif qui s’enracinera plus facilement. Cette jardinière sera remplie d’un mélange de terre de jardin, de sable grossier avec du terreau et il suffira de veiller à l’humidité.

Si le jardin est au pied du mur, le choix devra se porter sur un hortensia grimpant, ou encore un lobélia vedrariensis ou un hortensia à fleurs plates.

Fleurir les terrasses

Choisir des plantes grimpantes pour ses murs

A chaque plante grimpante son emplacement :

– hortensia grimpant ou lierre commun sur une façade nord,
– bignone, vigne vierge, aristoloche, glycine en plein sud,

– clématite, jasmin d’hiver, chèvrefeuille à l’est

– rosier, actinidia, vigne vierge, kolomikta sur un mur ouest.

Maîtriser la croissance d’une grimpante avec une palissade
Le treillage doit être peint ou traité avant sa fixation avec des attaches spéciales. Il est recommandé de percer à intervalles réguliers. Au pied du treillage, le sol sera bêché et il faut creuser un trou d’un plus grand volume que celui du conteneur. L’installation des mottes est réalisée en respectant un espace de 15 à 20 cm du mur. Chaque branche est ensuite attachée avec des cordons souples. Il faut arroser fréquemment et généreusement. Les engrais ne seront apportés qu’à l’automne. Les nouveaux rameaux seront palissés au fil de leur croissance.

Une végétation étalée pour un muret
Les murets se recouvrent facilement avec une plante vivace. Elle sera plantée dans un mélange de terreau, de terre de jardin et de tourbe déposé dans un creux ou au-dessus.
Hormis le lierre, pourront s’épanouir corbeille d’argent, corbeille d’or, saponaire, campanule, aubriétia, rue et valériane rouge. Il faudra équiper le muret d’un dispositif d’arrosage. Le système d’arrosage sera directement installé avec la construction s’il s’agit d’un nouveau muret spécifiquement dédié à ces fleurs. Des coudes en PVC peuvent être installés à l’arrière des poches de terre du mur pour recevoir l’eau d’arrosage.
Un arbre au milieu de la terrasse
Si vous aménagez une terrasse à l’ombre d’un arbre que vous ne voulez pas sacrifier, la pose de dalles autour du tronc requiert quelques précautions.
Il faut anticiper son expansion et disposer les dalles à une distance suffisante du tronc pour toujours pouvoir apporter eau et engrais lorsqu’il aura atteint sa taille adulte.

Si des racines sont sectionnées, il faut nettoyer la plaie à la serpette puis immédiatement mastiquer pour ne pas toucher aux racines affleurantes.
On installera une jardinière autour de l’arbre et on réservera un espace libre plus important. Les plantations autour de l’arbre seront de préférence des arbustes et plantes aux formes naines et couvre-sol.
Les allées du jardin
Une allée adaptée à son milieu

La taille de l’allée doit convenir à son environnement. On compte 120 à 150 cm de large pour une allée principale qui conduit à la maison. Une allée du jardin ne sera pas plus large de 90 cm. Pour permettre le passage d’une brouette ou d’une tondeuse 60 cm de large suffisent.

La couleur claire d’une allée est une solution pour éclairer un coin d’ombre, tout comme repeindre le mur attenant en blanc.
Créer une allée dans une pelouse
L’allée sera préalablement tracée à l’aide de deux cordeaux. Elle doit être conçue avec une légère pente si elle touche la maison afin d’éviter les infiltrations. Les mottes doivent être retirées sur une vingtaine de centimètres. Il faut ensuite étaler 10 cm de gravier et 5 cm de sable, puis damer le sol. L’allée est prête à recevoir les dalles et c’est en rajoutant ou en retirant du sable que l’on ajustera le niveau au fur et à mesure de la pose. Les dalles sont enfoncées par petits coups réguliers frappés avec un maillet en caoutchouc. Les interstices seront remplis de sable avec un simple balai.

Soigner les allées de son potager
Il est recommandé de recouvrir les allées du potager de sciure sur une épaisseur de 10 cm. A défaut, on peut disposer d’écorces de pin. La circulation et l’entretien du potager en seront plus aisés.
Agrémenter son jardin d’un escalier en rondin de bois
C’est un moyen rapide de faire surgir un escalier en recourant à des rondins de bois pour former des contremarches. Ils seront en châtaignier, bouleau, hêtre ou chêne et traités contre le pourrissement. Il faut les maintenir avec des piquets traités au goudron de Norvège. Pour achever l’effet,  les bordures de contremarche sont fleuries avec de petites plantes vivaces.
Les petits devoirs du jardinier

Prévoir l’expansion des haies et des arbres
Il faut installer ses arbres, arbustes et haies dans un emplacement suffisamment large pour leur croissance et anticiper l’ombre qu’ils feront à l’âge adulte. Une fois enracinés, il sera difficile de les transplanter.

Choisir des arbustes adaptés aux terrains calcaires

On peut citer non pas de mémoire, mais par ordre alphabétique l’aubépine, le baguenaudier, le berberis ou épine-vinette, le spectaculaire boule de neige, le buis ce grand classique, le cornouiller aux bois rouges l’hiver, le genêt, l’épais genévrier aux baies parfumées, le fusain, l’élégant hibiscus, le houx, le kerria, le rhus ou sumac, le seringat ou jasmin des poètes, le sureau, la symphorine, le tamaris, le troène.

Préparer le terrain à un massif
Pour créer un massif de vivaces qui fleuriront à l’automne, le terrain doit être préparé dès le mois d’août. Il faut le désherber, le bêcher et le ratisser.

Aménager ses talus
Plutôt que de peiner à tondre ses talus ou terrains en pente, autant les garnir de plantes vivaces, arbustes nains et plantes tapissantes.

Valoriser une souche d’arbre ou un arbre mort
Les vieilles souches d’arbre peuvent donner beaucoup d’effet. En creusant le centre puis en perçant des trous sur les côtés pour permettre l’écoulement de l’eau, vous disposez d’un puits improvisé où placer du terreau pour y planter des fleurs  variées et retombantes.
De même un arbre mort débarrassé de ses branches pourries et mal placées peut servir de support à une plante grimpante. Le sol sera préparé et enrichi d’un bon mélange de terre. La plante sera enroulée autour des branches et fixée à l’aide de liens souples. L’arrosage sera régulier et généreux.

Planter des piquets sans les éclater
Avant de planter le piquet, il faut penser à poser à son extrémité un collier de serrage. A défaut, on utilisera un fil de fer robuste que l’on cercle sur un ou deux tours autour du piquet. Ainsi protégé, on enfonce le piquet et on retire son collier de serrage.
Mettre en jauge
Lorsque des plantes doivent être mises en jauge, il faut que le sillon soit creusé en bordure d’une terre tassée et d’une terre labourée, le tout orienté au nord. Les végétaux sont couchés dedans et recouverts d’une terre meuble qui les protègera du vent.

Protéger ses châssis
Il est préférable d’installer un châssis à l’abri du vent contre un mur, exception faite pour les façades au nord. La chaleur accumulée le jour par le mur lui profitera la nuit.

En l’absence de mur, le châssis sera installé au pied d’une haie d’arbustes à feuillage persistant qui fera office de brise-vent.