Création d’un potager

Pour décider le démarrage d’un potager, il faut déterminer son emplacement, sa surface, la qualité et la préparation du sol, la nature et la quantité des légumes et la date des premières semences ou plantations.

Les conditions de culture d’un potager

Idéalement, un potager est installé sur un terrain plat, exposé au soleil, abrité du vent et dont le sol n’est ni trop calcaire, ni trop acide avec une terre meuble et riche.
Après avoir repéré un emplacement abrité, il est donc nécessaire d’analyser le sol. Les plantes sauvages qui poussent spontanément en donnent déjà une première indication.
Une terre est rarement mauvaise, mais rarement parfaite. Des apports préalables seront nécessaires. Si la terre est sableuse ou argileuse, elle sera enrichie par du compost. Si le sol est calcaire, on lui apportera du soufre. Si le sol est acide, on le rééquilibrera avec des cendres de bois. Semer des engrais vert, comme la moutarde, contribuera également à fertiliser le sol.
Pour s’affranchir des contraintes de son sol, il suffit de construire sur buttes ou en carré un potager surélevé et faire venir la terre adéquate aux cultures.
A l’inverse, on peut choisir de se satisfaire de son sol et opter pour des légumes appropriés : betteraves, fèves, épinards et poirées (autrement appelées bettes et blettes) poussent très bien dans un sol argileux. Asperges, pastèques, pommes de terre ou scorsonères (injustement appelé salsifis noirs en raison de leur forme) se satisfont d’un sol sableux. On n’insistera pas sur le persil dans un sol acide et on se dispensera d’oseille dans un sol calcaire.
Si l’aire du potager ne reçoit pas beaucoup de soleil, on pourra toujours cultiver épinards, laitues, cèleris et bien d’autres légumes qui s’épanouissent à l’ombre ou en mi-ombre.
Dans les régions balayées par les vents, on protègera son potager par les murs de sa maison, des murets et des haies. En bordure du potager, sont appréciés les remparts de framboisiers, de groseilliers, de romarin ou de laurier sauce.

Adapter son projet à ses propres contraintes

Cultiver un potager demande du temps. Si celui-ci est restreint, mieux vaut se contenter de 20m2 pour les premières années de culture.
Il faut également quantifier ses besoins en légumes et connaître ses capacités de stockage.
Fines herbes (ciboulette, thym, persil), tomates, un pied de courgette, haricots, radis, salades et fraises, seront facilement consommés. En revanche, pommes de terre et carottes qui sont aussi des cultures simples, se sèment sur plusieurs rangs et supposent de pouvoir les stocker.
Pour se rendre compte des contraintes de chaque culture, il est utile de dessiner un plan du potager. Doivent apparaître
– l’occupation de l’espace en largeur et hauteur de chaque légume arrivé à maturité. Chaque plante doit restée accessible, soit à moins de 60 cm de la main.
– les allées de circulation entre les cultures, qui seront faites de planches, de dalles ou d’un paillis épais et même de trèfle (un engrais vert) pour empêcher le tassement de la terre
– un espace réservé aux fleurs qui attireront des insectes pollinisateurs
– la place qui se libère au fur et à mesure des récoltes
– le coin réservé à la formation d’un compost
Le plan du potager permet de faire le point sur le calendrier des semis, des plantations et des récoltes… où il faut être présent.
C’est un document utile pour conserver l’historique des plantations et organiser la rotation des cultures et les cultures associées, semer les engrais verts, favoriser la croissance des plantes qui attireront les insectes auxiliaires ou dont les purins fourniront d’excellents traitements contre les parasites.

La préparation du sol

Le terrain choisi est souvent un espace abandonné qu’il faudra défricher et bêcher. On commence l’été par faucher à ras l’ensemble de la surface avec une débroussailleuse si nécessaire. En octobre, il faut casser la motte d’herbe avec une motobineuse ou, si la surface est modeste, passer la grelinette et en retirer à la main les racines et cailloux.
Ainsi nettoyée, la terre est recouverte de cartons, de bâches d’ensilage ou de paillis. Cette couverture est enlevée le printemps suivant. Il faut alors repasser la grelinette et la terre sera prête.
Lorsque le terrain sera mis en culture, on s’abstiendra de marcher dans le potager après une averse car cela tasse la terre et stimule la croissance des mauvaises herbes.