Cultiver un potager bio

Comme le lancement de tout potager, il faut prévoir son emplacement, préparer son sol, choisir ses légumes et quantifier ses plantations. La seule différence est que tous vos choix seront guidés par une démarche écologique bio.

Réserver un bon emplacement à son potager

Pour repérer le site de culture plusieurs critères sont à respecter :
– le plus près de la maison et même de la cuisine pour avoir poireaux, tomates et herbes aromatiques à disposition
– proche d’une arrivée d’eau pour éviter de piétiner le sol en trainant un lourd arrosoir
– un bon ensoleillement et à l’abri du vent
– une terre saine et non au dessus d’une ancienne décharge, fosse septique ou amas de gravats

Le plan du potager

Dessiner le plan du potager permettra littéralement de « planifier » les diverses planches de légumes en fonction de leurs associations pour naturellement lutter contre les maladies et parasites. Par exemple oignons et carottes se protègent mutuellement de leurs parasites. On encadrera les planches d’œillets d’Inde qui jouent le rôle de répulsif.
Sur ce plan de potager bio figurent les cultures qui seront commandées par la nature du sol et du climat et non par les goûts de la famille. Mesurer le pH du sol permettra d’identifier les légumes les plus adaptés au sol acide ou calcaire. De toutes façons, si hortensias et rhododendrons sont épanouis, nul doute que la terre est acide. Les plantes indigènes indiquent d’elles-mêmes la nature du sol. Rien n’interdit d’amender la terre pour la rééquilibrer et la fertiliser. En revanche, rien ne pourra corriger le climat, les choux-fleurs auront besoin de pluie et les pastèques de soleil et chaleur.
Le plan enregistre la nature et la date des plantations ce qui contribue à organiser la rotation des cultures. On veillera à ne pas replanter avant quatre ans au même endroit un légume qui épuise le sol.
Ainsi, après une première année de fraises, courges et tomates, on les remplace par des oignons, des salades et des betteraves l’année suivante, puis par des haricots verts et des petits pois la troisième année. De cette façon, le sol se recharge en nutriments.

Mise en œuvre du potager bio

Une fois le bon terrain repéré, il faut le faucher et arracher les mauvaises herbes. Ensuite, il faut le bêcher, c’est-à-dire l’aérer avec une fourche bêche. La fourche bêche est plantée tous les 10 cm et on la bascule d’avant en arrière sans retourner le sol et préserver les différentes couches qui le structure.
C’est ensuite le moment d’amender le sol et d’apporter des nutriments en fonction de la nature du sol pour équilibrer le pH autour de 6 et des besoins des plantations. Jardineries locales et pépiniéristes seront de bons conseils. On pourra incorporer du compost, des cendres de bois, qui sont à la fois un traitement de prévention contre les maladies cryptogamiques et un apport en potassium, et de la fumure organique.

Favoriser et entretenir la biodiversité

Tout potager bio se doit d’attirer les animaux utiles. Des nichoirs seront installés à l’intention des oiseaux et un vieux tas de bois pour abriter des hérissons. Pour la pollinisation des légumes, on attirera les abeilles avec de la sauge. On achètera également des larves d’insectes auxiliaires qui dévoreront les aleurodes et autres pucerons. Un potager bio se définit par l’écosystème complexe qu’il recrée.