Cultiver un fruitier nain

Rien n’interdit de récolter ses fruits lorsqu’on ne dispose que d’un petit jardin, voire même que d’un balcon. Ce plaisir est rendu possible avec des variétés naines d’arbres fruitiers qui se contentent d’une culture en pot.

Les variétés d’arbres fruitiers nains

Si les arbustes à petits fruits, groseilliers, cassis, framboisiers, se satisfont très bien d’une culture en pot, un porte-greffe nanifiant ou une variété naine peut aussi bien s’adapter à ces conditions de cultures particulières liées au faible volume de terre.

Des variétés de figuiers, de pommiers compacts sont spécialement conçues pour une culture en pot, de même pour les poiriers, mais ceux-ci prennent de plus grandes proportions. Les poiriers seront mieux maîtrisés par une culture palissée (en palmette ou espalier) qui permettra l’aération et la pénétration de la lumière. De même, pêchers, cerisiers et pruniers se développent en pot mais demandent à être palissés en exposition sud contre un mur ou une clôture. Les agrumes sont envisageables sous réserve de pouvoir les rentrer à l’abri dès l’automne dans une véranda lumineuse dont la température nocturne ne descendra pas en dessous de 7 °C.

La pollinisation des fruitiers

Pour produire des fruits, en principe, il est nécessaire de réunir plusieurs arbres fruitiers. Condition difficile à tenir dès que l’espace manque. Pour s’affranchir des lois de la nature, il suffit de choisir une variété auto-fertile, d’autant que le fruitier nain sera isolé.

Si les arbustes à petits fruits produisent d’eux-mêmes beaucoup de fruits, cerisiers, pommiers, pruniers et poiriers, ne sont que moyennement auto-fertiles. Pour favoriser la production de fruits, il reste nécessaire d’installer au moins deux fruitiers l’un à côté de l’autre, ou d’avoir un porte-greffe divisé en plusieurs greffons.

La sélection du plant

Hormis les agrumes, les fruitiers sont des espèces à feuilles caduques. Ils ne sont vendus à racines nues qu’en fin d’automne ou en hiver au moment où ils sont en période de dormance. En revanche, ils sont proposés en motte toute l’année.

A racines nues, il faut vérifier l’état du système radiculaire qui doit être bien développé. Vendus en motte, il faut également vérifier que les racines sont saines et non comprimées dans leur pot. La motte de terre doit avoir conservé son humidité et ne présente pas d’adventices.

Racines nues ou en motte, le fruitier dispose de branches latérales bien espacées et réparties de façon équilibrée. La nature du porte-greffe sera également contrôlée.

Application pratique

Pour planter son fruitier nain, il faut arroser copieusement le jeune plant avant sa transplantation. On choisira un contenant de 38 à 45 cm de diamètre. Le contenant contient des trous de drainage et on commence par le tapissé de tessons de terre cuite ou de billes d’argile expansée pour favoriser le drainage et empêcher que les racines ne pourrissent. Pour empêcher que la terre ne s’échappe à travers ces trous de drainage, on recouvre les billes d’un feutre de jardin. A son tour, il est recouvert de terre de jardin. Si celle-ci est réputée pauvre, on ajoutera un fertilisant, sinon il vaut mieux s’abstenir car les engrais favorisent le feuillage au détriment de la production de fruits.

Le plant est posé droit sur le terreau, puis on ramène la terre autour de sa motte ou de ses racines jusqu’à 2,5 cm du rebord du pot. Cette marge facilitera l’arrosage. La terre sera légèrement tassée autour du plant, puis arrosée. Le terreau doit être maintenu humide jusqu’à la reprise de la croissance du plant. Le pot sera installé en plein air, selon une exposition ensoleillée. On plante un tuteur si on a choisi un port colonnaire, ou on palisse le jeune plant, si on a choisi une croissance sur palissade.

Entretien du fruitier nain

S’agissant d’une culture en pot, la principale menace est celle de la sécheresse. Il faut régulièrement arroser en été et de façon plus modérée en hiver. Aussi la terre du pot s’épuise vite et demande à être régulièrement fertilisée par un apport d’engrais (modéré en azote) avant la floraison, et par un paillage au printemps avec une fumure déjà compostée. Il faut surveiller la couleur du feuillage dont un jaunissement signalera la moindre carence. Un hiver sur deux, le fruitier sera rempoté dans un contenant légèrement plus grand. A défaut, il faut pratiquer un surfaçage, c’est-à-dire remplacer quelques centimètres de la terre de surface par de la terre de jardin fraîche.

En fonction des variétés, il faut attendre parfois 4 ans pour obtenir une forme régulière. Les premières années, la taille aura pour objectif de donner une forme équilibrée à l’arbuste. Ensuite, la taille annuelle permettra de soigner cette forme.
Il faut aussi pratiquer un éclaircissage après chaque floraison pour limiter la production de fruits. En effet, s’ils sont trop nombreux, ils risquent de casser les branches et fatiguent l’arbre.

Il faut enfin régulièrement surveiller l’apparition de maladies ou de parasites dont toute invasion appelle un traitement approprié.

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